Le Tarot et le Christianisme


Né à la fin du Moyen-Âge, dans l'Europe occidentale méditerranéenne, le Tarot est un jeu de carte largement inspiré de l'iconographie chrétienne. En effet, la religion fait partie du quotidien de l'époque, dans ses codes, ses valeurs, et ses principes.

Il était donc logique  et même inévitable de retrouver parmi les cartes du Tarot les grandes figures du christianisme. Malheureusement, certains chrétiens jugent le Tarot de Marseille blasphématoire, et estiment que les images véhiculées ne sont que des caricatures, ce qui ferait du Tarot de Marseille un objet satanique. Cette vision un peu archaïque des choses est bien dommage, dans la mesure où l'on peut aussi considérer ce jeu non pas comme une caricature mais comme une interprétation historique et populaire des icônes religieuses du XVIe siècle.

 


Le Tarot de Marseille : caricature ou témoignage ?

La quasi totalité des arcanes majeurs est liée de près ou de loin à la religion chrétienne, et le Tarot de Marseille traite les icônes avec plus ou moins de fidélité et d'humour. Voici une rapide présentation des cartes avec leurs correspondance religieuse.

 

Jésus Christ en Bateleur

Les instruments de la Passion, icône russe, XXe siècle
Les instruments de la Passion, icône russe, XXe siècle

Le Bateleur est un jeune homme devant une table, ou un établi. Est-il utile de rappeler que Jésus était probablement un artisan (tektôn) ? Certains reconnaissent sur la table les armes du Christ, appelées aussi instruments de la Passion, ces objets liés à la mort de Jésus. Ainsi les dés seraient ceux avec lesquels les soldats romains jouèrent la tunique de Jésus crucifié, les pièces pourraient être celles de Judas, le couteau représenterait le glaive de Saint Pierre, et la coupe contenant du fiel ou de la myrrhe.

D'autres évoquent également la possibilité de lien entre le Bateleur, donc un magicien, avec les Rois Mages qui vinrent rendre hommage à Jésus à sa naissance.

La Vierge Marie en Papesse

L'Annonciation, Simone Martini, 1333
L'Annonciation, Simone Martini, 1333

 

 

 

La Papesse du Tarot de Marseille est un clin d'oeil, puisque ce titre n'existe pas dans la religion chrétienne. Symboliquement on peut cependant y reconnaître la Vierge Marie, en particulier lors de l'Annonciation.

Les symboles fondamentaux de la carte sont le voile et le livre. Le premier est une image à peine "voilée" de l'hymen sacré de la Vierge ; le second est sans équivoque le livre de la Connaissance, Marie qui apprend par l'archange Gabriel qu'elle attend le fils de Dieu.

Le couple royal chrétien représenté par l'Empereur et l'Impératrice

Urraque Ière, Reine de Castille et Léon, XIe siècle.
Urraque Ière, Reine de Castille et Léon, XIe siècle.

 

 

Le couple Impératrice / Empereur du Tarot de Marseille sont une représentation du couple royal chrétien. En France sous l'Ancien Régime et sous la Restauration, le roi et la reine portent le titre de "Roi  Très Chrétien" / "Reine Très Chrétienne", et 'Sa Majesté Très Chrétienne", en marque d'honneur et de reconnaissance du Pape.

En Espagne, c'est la locution "Très Catholique" qui est utilisée.

On peut remarquer cependant que les titres Empereur et Impératrice (qui sous-entend la détention du pouvoir absolu) sont une référence directe à l'Empire Romain, persécuteur des premiers Chrétiens. Ils sont parfois associés au paganisme. Mais le premier empereur converti, Constantin, a également mis fin aux persécutions grâce à l’Édit de Milan en 313.

Il est intéressant de remarquer comme le couple royal du Tarot est proche des portraits royaux espagnols du Moyen-Âge.

Le Pape, chef suprême de l'Église

Pape Grégoire VII, miniature du XIIe siècle
Pape Grégoire VII, miniature du XIIe siècle

 

 

 

La carte du Pape est une représentation plutôt fidèle et respectueuse du chef de l'Église. Les attributs principaux du Très Saint Père sont : la soutane rouge, la férule crucifère triple (son bâton), la tiare pontificale (la triple couronne symbolisant les pouvoirs temporel, spirituel et moral du Pape). Il fait avec sa main droite le geste de bénédiction.

 

Proche de l'iconographie de Saint Nicolas (qui a inspiré le Père Noël), le Pape est bienveillant, humain, chaleureux et même généreux.

 

Le libre-arbitre de l'Amoureux

Saint Augustin, Botticelli, 1480
Saint Augustin, Botticelli, 1480

 

 

Le libre-arbitre est un des principes fondamentaux du christianisme : les hommes et les femmes ont donc la liberté et le droit de faire des choix. D'après Saint Augustin, ils sont donc dotés de la capacité de mal agir, et par conséquent d'en endosser les responsabilités.

 

Dans le Tarot de Marseille, la carte du choix est celle de l'Amoureux. Un homme hésite entre deux femmes, et derrière lui se trouve un angelot muni d'un arc, prêt à tirer sa flèche.

Ainsi, pour faire leur choix, l'homme et la femme doivent apprendre à distinguer le bien du mal, et à les maîtriser.

Le Christ triomphant sur le Chariot

Le Triomphe du Christ, frise du XVIIIe siècle
Le Triomphe du Christ, frise du XVIIIe siècle

Il s'agit dans cette carte d'illustrer le psaume 45, louant le Christ triomphant :

"Tu es le plus beau des fils de l'homme, la grâce est répandue sur tes lèvres ; c'est pourquoi Dieu t'a béni pour toujours.

Ceins ton épée sur ta cuisse, ô héros, revêts ta splendeur et ta majesté.

Et dans ta majesté avance-toi, monte sur ton char, combats pour la vérité, la douceur et la justice ; et que ta droite te fasse accomplir des faits merveilleux."

Les chevaux du Chariot sont fréquemment associés à des valeurs contraires, et dans le cadre biblique, le bien et le mal. Or, la connaissance du bien et du mal provoque la chute de l'homme dans la Genèse. Le triomphe de l'homme évoquerait donc pour certains  une glorification de la Chute et par extension, du péché. On retrouve ici l'idée de capacité de l'homme à faire le mauvais choix, à cause de son libre-arbitre, comme abordé avec l'Amoureux.

 

Les Vertus Cardinales : Justice, Prudence, Force et Tempérance.

Par opposition aux sept péchés capitaux, on trouve dans le christianisme les sept vertus, composées de quatre vertus cardinales et trois vertus théologales. Ces vertus sont les véritables piliers de la vie morale chrétienne.

Les vertus cardinales sont des "pivots", desquels découlent toutes les autres vertus de l'homme ; elles sont la Justice, la Prudence, la Force et la Tempérance. Il convient également de préciser qu'elles sont liées et indissociables : ainsi l'on ne peut être doté de trois d'entre elles sans la quatrième.

Les vertus théologales quant à elles, guident l'homme dans leur rapport avec Dieu ; il s'agit de la Foi, de l'Espérance et de la Charité.

Dans le Tarot de Marseille, ce sont les vertus cardinales qui sont représentées avec une grande fidélité.

 

La Justice - Tombeau de François II
La Justice - Tombeau de François II

 

 

 

 

La Justice est la volonté de donner à chacun ce qui lui est dû, d'un point de vue moral, économique, éthique, etc. Représentée avec une épée et une balance, elle "pèse" les situations et "tranche". Vertu altruiste, elle permet de régler les relations avec l'autre, mais également avec le monde et avec Dieu.

 

La Prudence - Tombeau de François II
La Prudence - Tombeau de François II

La Prudence confère à l'homme la sagesse et la raison pratique, qui lui permettent de discerner le bien dans toutes les circonstances, et de choisir les moyens de le réaliser. Ainsi, l'homme prudent est celui qui construit sa vie dans le bien et dans l'authentique morale. La Prudence doit diriger les autres vertus, d'après Saint Thomas d'Aquin. Selon Saint Augustin "la prudence est l'amour qui sépare avec sagacité ce qui lui est utile de ce qui est nuisible". Dans le Tarot de Marseille, elle peut être rapprochée par l'Hermite, un vieil homme à la longue barbe portant une lanterne, même si ce n'est probablement pas son sens initial. Généralement personnifiée par une femme avec un serpent et un miroir, le vieil homme est quant à lui souvent utilisé pour personnifier la sagesse et l'expérience. Le sculpteur Michel Colombe avait déjà eu cette idée avec sa statue à deux têtes (une jeune femme, et un vieillard) ornant le tombeau du Duc de Bretagne François II, à la cathédrale de Nantes.

 

La Force - Tombeau de François II
La Force - Tombeau de François II

 

 

La Force, dans le christianisme est la Force d'âme, le courage, qui permet à l'homme de surmonter ses peurs et sa faiblesse. Vertu héroïque, elle est intimement liée à l'idée de sacrifice, puisque le héros n'hésitera pas à se mettre en danger pour sauver son prochain. Dans le Tarot de Marseille, la Force est une femme qui, le visage paisible, maîtrise un lion à mains nues. Les attributs traditionnels (la couronne et l'épée) n'y figurent pas.

 

La Tempérance - Tombeau de François II
La Tempérance - Tombeau de François II

 

 

 

La Tempérance est la vertu de modération, de pudeur, et de maîtrise de soi. Elle peut décrire l'homme qui se retient d'agir : se retenir de se venger, mais pardonner ; se retenir de se vanter, mais rester modeste ; se retenir de tout excès mais rester sobre, sans tomber dans le stoïcisme pour autant. La Tempérance est une vertu nécessaire à l'harmonie de l'homme. Dans le Tarot, la Tempérance est une femme dotée d'ailes d'ange, transvasant un liquide d'un vase à l'autre, respectant ainsi les attributs traditionnels.

De l'ermitage à la canonisation

Saint Antoine le Grand, Francisco de Zurbarán, XVIIe siècle
Saint Antoine le Grand, Francisco de Zurbarán, XVIIe siècle

 

De nombreux hommes ont vécu en véritables ermites avant d'être canonisés. Ils vivaient dans la solitude et la pauvreté, que ce soit durant leur vie entière, comme Saint Antoine Le Grand, durant une période plus ou moins longue avant de devenir évêque, comme Saint Corentin de Quimper et Saint Martin de Tours, ou bien encore à la fin de leur vie.

L'ermitage est vue comme une épreuve initiatique pour les Chrétiens, qui permet de tester leur foi tel le Christ durant son exil dans le désert, qui résista par trois fois aux tentations de Satan.

L'Hermite du Tarot de Marseille (avec un H) peut représenter ces saints chrétiens, éclairant de sa lanterne son cheminement de foi.

Divine Providence ou pur hasard / Maison Dieu ou Roue de Fortune ?

C'est l'une des questions fondamentales de la religion : le monde a-t-il été créé par pur hasard, ou une puissance divine en est-elle à l'origine ? Le hasard existe-t-il, ou toute situation n'est-elle que providence divine ? Pour les Chrétiens, il n'y a pas de hasard possible : il s'agit soit de la volonté de Dieu, soit des conséquences du libre-arbitre des hommes.

Le Tarot de Marseille intègre ces deux notions contraires, au travers de la Roue de Fortune, et de la Maison Dieu.

"Regnabo - Regno - Regnavi - Sum sine regno" - Enluminure
"Regnabo - Regno - Regnavi - Sum sine regno" - Enluminure

Le hasard est symbolisé dans le Tarot par la Roue de Fortune, avec cette notion de chance. La roue de fortune associée au concept de mutabilité existe depuis la fin du XIe siècle, et son iconographie n'est pas très différente de la carte du Tarot de Marseille. La mention des statuts "regnabo - regno - regnavi - sum sine regno" ("je régnerai - je règne - je régnais - je suis sans règne") des différents personnages répartis sur la roue témoigne de son instabilité.

Dans le Tarot, les personnages de la Roue se sont changés en animaux : le singe est un symbole de la chute de l'homme, l'animal en ascension est un lièvre ou un chien selon les versions.

La destruction de la Tour de Babel - Cornelis Anthonisz (1547)
La destruction de la Tour de Babel - Cornelis Anthonisz (1547)

La scène terrifiante de la Maison Dieu fait référence sans aucun doute à l'épisode biblique de la Tour de Babel. Les hommes voulurent construire une tour aussi haute que le ciel pour la célébrité. Dieu pour les en empêcher, dispersa les hommes de part et d'autre du monde et brouilla leur langage, les empêchant de communiquer. Il prévint de cette façon la naissance d'un peuple vivant dans la facilité et le luxe.

La Providence divine est par définition la sollicitude de Dieu à l'égard des hommes. C'est aussi le nom donné à l'intervention divine quelle qu'elle soit.

Dans le cas de la tour de Babel, la véritable Providence n'était pas la destruction de la tour, mais bien la dispersion des hommes (et donc le peuplement du monde tout entier), et la prévention de la corruption, puisque les peuples ne pouvaient plus se comprendre.

 

Pendus par les pieds pour défendre leur foi

Le Martyre de Saint Pierre - Fresque de la chapelle Brancacci à Florence
Le Martyre de Saint Pierre - Fresque de la chapelle Brancacci à Florence

 Le Grand Incendie de Rome de l'an 64 détruisit presque la ville entière. La responsabilité en fut largement attribué à l'empereur Néron à l'époque. Pour détourner l'attention de son peuple, Néron accusa les Chrétiens, suite à quoi une période de persécution contre eux commença. Les textes associent cette époque à la mort des apôtres Pierre et Paul. Pierre aurait demandé à être crucifié la tête en bas par humilité, ne se jugeant pas digne de mourir comme le Christ. Plusieurs martyrs chrétiens subirent le même sort durant les persécutions.

Une croyance populaire indique que Judas Iscariote, rongé par le remords d'avoir trahi Jésus, se serait pendu par les pieds jusqu'à ce que mort s'en suive.

La position tête en bas du Pendu dans le Tarot pourrait évoquer ces épisodes bibliques.

 

 

L'Arcane Sans Nom ou l'archétype de la Mort

La Mort au XVe siècle
La Mort au XVe siècle

Dans le christianisme, la Mort est vue comme un passage de la vie terrestre vers l'Enfer ou le Paradis. La vie continue après la mort, de manière spirituelle, car la mort totale, la disparition d'un être est impossible puisque l'homme est une création de Dieu et participe donc à l'immortalité divine. Cependant, la Mort reste une garante des valeurs chrétiennes, puisque une vie terrestre dans le péché mène l'âme à l'Enfer. Aussi la Mort est-elle une épreuve redoutée.

Dans le Tarot de Marseille, la carte numéro XIII ne porte pas de nom, car la Mort est innommable. Il ne s'agit d'ailleurs pas de la Mort, mais d'une sorte de renaissance pour un autre état, ou une autre vie. Cela rejoint la vision chrétienne de la mort (passage de la vie matérielle à la vie spirituelle). L'iconographie au Moyen-Âge est très proche de celle utilisée dans le Tarot : la Mort est représentée par un squelette armé d'une faux.

 

Le Diable et l'Enfer

Enfer, Hans Memling, 1485
Enfer, Hans Memling, 1485

Le Diable pour les Chrétien est un ange déchu, Lucifer, qui fut éjecté du paradis par Dieu pour rébellion. Il représente le mal absolu, les tentations, et appartient à l'Enfer, même s'il erre plutôt entre le ciel et la terre. Il peut signer des pactes avec les hommes et les inciter à pécher. Il est associé au serpent du jardin d’Éden. Dans la Bible, il est dit que le Diable sera renvoyé à l'Enfer après l'Apocalypse et le retour de Jésus Christ.

Traditionnellement dépeint comme ayant une tête cornue, un corps et des pattes de chèvre ou de poulet, une longue queue, avec parfois des visages sur le corps et un aspect globalement monstrueux, le Diable du Tarot de Marseille ne déroge pas à la règle. Cependant cette iconographie née au Moyen-Âge provient de l'imagination des moines et artistes de l'époque, puisque jamais Satan n'est décrit dans la Bible.

Sous une bonne Étoile

Nativité, Jean Fouquet, XVe siècle
Nativité, Jean Fouquet, XVe siècle

 L'étoile est un symbole fort dans le christianisme. Objet céleste, et donc relié au divin, l'étoile de Bethleem annonce la naissance du Christ et guide les rois Mages vers la crèche. Elle est également symbole de la Destiné, dans la Bible Jésus se nomme "Étoile du matin", par analogie à l'Étoile du Berger qui apporte la lumière dans la nuit. Ainsi l'étoile qui scintille comme un phare appelle à la marche, au chemin de foi, à l'espérance et à la joie.

Dès lors, on comprend qu'un enfant puisse naître sous une bonne étoile. Cette idée rejoint celle de l'ange gardien, être céleste dont le rôle est de protéger les humains dans la croyance populaire. Dans la religion chrétienne, tous les anges sont au service des hommes et veillent sur eux.

Enfin, la carte de l'Étoile du Tarot évoque à sa façon la cérémonie du baptême, avec le versement de l'eau purifiante.

Le Soleil et la Lune, ou la création du Temps

Dieu créant le Soleil et la Lune - Enluminure 1290
Dieu créant le Soleil et la Lune - Enluminure 1290

Les astres sont, comme le monde, une création de Dieu. Ils sont des indicateurs temporels, mais témoignent aussi d’événements importants grâce aux éclipses (le soleil disparut lors de la crucifixion de Jésus), ou aux lunes rousses. Ainsi, le quatrième jour Dieu créa le soleil et la lune pour éclairer le jour et la nuit.

"Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années ; et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi."

De par son apparence changeante (croissante, puis pleine, décroissante et enfin sa disparition) et cyclique, la lune symbolise la vie sur terre mais également la résurrection. La lune appartient à la nuit, qui est l'ignorance, la souffrance, ou encore la captivité, contrairement au jour, qui est la connaissance, la liberté et la joie.

Le soleil est également un symbole de vie et de renaissance, du lever au coucher, il réapparaît après chaque nuit. Il représente aussi Dieu lui-même, et Jésus Christ, par sa lumière, sa bonté et sa sagesse. Il annonce le salut par son éclat.

 

Le jour du Jugement

La résurrection du Christ - Raphael, vers 1500
La résurrection du Christ - Raphael, vers 1500

La carte du Jugement dans le Tarot de Marseille est une scène de l'apocalypse : l'ange buccinateur annonce la nouvelle, la fin du monde est proche. Jésus est ressuscité.

La terre et les pécheurs seront détruits, et ceux qui seront sauvés rejoindront le Christ au royaume des cieux.

Cette fin du monde est à la fois terrifiante et source d'espoir et de joie pour les Chrétiens.

Le titre de la carte, le Jugement évoque à la fois le Jugement de tous les hommes qui à leur mort doivent rendre compte de leurs actes, et aussi le Jugement Dernier, durant lequel tous les hommes seront jugés et promis à une vie bienheureuse ou une condamnation éternelle.

Le Monde, ou le Christ en Gloire

Le Christ en Gloire, enluminure du XIIe siècle
Le Christ en Gloire, enluminure du XIIe siècle

Le Christ en Gloire est une représentation eschatologique (de la fin des temps) classique dans l'iconographie chrétienne. Le Christ est placé au centre d'une mandorle, dans une attitude d'enseignement et d'embrassement du monde. Il fait figure de maître du monde dans l'éternité.

Dans l'Apocalypse de Saint Jean, le Christ est entouré des quatre vivants : c'est le Tétramorphe. Il s'agit de quatre personnages ailés, représentant les quatre évangélistes : un lion (Marc) pour le coeur et les passions, un taureau (Luc) pour le corps et les forces, un homme (Matthieu) pour l'esprit et les pensées, et enfin un aigle (Jean) pour l'âme. La carte du Monde du Tarot de Marseille reprend la mandorle et le Tétramorphe, mais place en son centre un personnage humain (androgyne) qui tient un bâton comme un enseignant et croise les jambes comme le Pendu, ce qui peut être vu comme une référence à la croix du Christ.

Le Mat en pèlerinage

Saint Roch et son chien, vitrail
Saint Roch et son chien, vitrail

 

 

 

Le Mat ou le Fou du Tarot de Marseille est une illustration plutôt fidèle de Saint Roch. Ce dernier était un pèlerin qui vécut au XIVe siècle et qui consacra sa vie à soigner les malades de la peste noire. L'histoire raconte qu'ayant fini par contracter la maladie, il s'était reclus dans une forêt afin de ne pas contaminer d'autre personne. Là, seul un chien appartenant à un seigneur voisin venait chaque jour lui apporter de la nourriture.

Saint Roch est généralement représenté en tenue de pèlerin, avec un bâton (bourdon), une besace, un chien, le haut-de-chausse baissé et une blessure à la jambe.

L'As de Coupe et le sang du Christ

Calice de Jérusalem
Calice de Jérusalem

 

 

Le Saint Calice est le nom de la coupe utilisée par Jésus lors de la Cène, la veille de sa crucifixion. D'après les Évangélistes, Jésus "prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, en disant : Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés."

Si le véritable Saint Calice n'a pas été identifié avec certitude, le Tarot de Marseille y fait référence sans détour avec son As de Coupe richement décoré.



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